Les « Mille et une nuits » révèlent au conteur d’aujourd’hui bien des surprises, pour peu qu’il prenne la peine de les lire, de les observer avec attention et de les interroger.
Mais il doit prendre garde à éviter les pièges tendus par la multiplication des versions et des traductions.
La plongée au cœur de l’oeuvre permet de saisir la spécificité du style, du ton, de l’ambiance des récits, véritables rêves éveillés ou spectacle exacerbés de la réalité d’une époque.
La diversité des genres narratifs, la complexité - apparente - de la composition, la subtilité avec laquelle circule la parole entre les personnages-conteurs en font véritablement ce que l’on pourrait appeler une école de narration ».
Après un aperçu historique de la lente composition du recueil à travers les aires géographiques et culturelles ; puis la présentation détaillée des traductions françaises depuis le 18ème siècle, seront abordés l’analyse de la structure narrative du recueil, ainsi que les techniques dites de « récits-gigognes » (nommés aussi « tiroirs »), et enfin les genres et la succession des récits et les rapports qu’ils entretiennent les uns avec les autres.
Nous tenterons ensuite d’accommoder les formes narratives au répertoire de chacun.
Les questions relatives à l’adaptation de la culture moyen-orientale au public occidental, à la durée de la narration, aux silences, aux évocations poétiques et malicieuses ne manqueront pas d’être abordées au fur et à mesure du déroulement du stage.
Objectifs
Une visite approfondie à l’intérieur d’un monument de la littérature universelle que l’on a souvent du mal à appréhender tant est intimidante la masse de récits enchevêtrés les uns dans les autres.
Les « 1001 nuits » ne sont pas seulement une fantastique occasion de s’évader de la réalité, elles représentent une somme de savoir-faire narratifs utiles aux conteurs du 21ème siècle.
Pascal Quéré a pris le temps de fouiller coins et recoins, en préparant l’édition d’un guide sur la traduction de Galland (18ème siècle) en 1990, pour le CliO. Il continue son exploration et prévoit d’éditer un nouveau guide portant sur la totalité des traductions françaises. Il conte une bonne partie de ces récits depuis 1982, sans que jamais ne se perde l’intérêt que sût faire naître en lui, Catherine Zarcate, marraine du CMLO.
Chaque récit est passé au crible de ses observations. Il est devenu, au cours des années, l’un des grands conteurs spécialistes des « Nuits ». Sa passion est si immense qu’elle risque d’être transmissible ; Esprits craintifs s’abstenir !
Méthodologie et outils utilisés :
1 - Histoire succincte du recueil : les différentes strates géographiques, thématiques et historiques qui ont permis l’élaboration de cet immense recueil
2 – Quelques éditions arabes de référence : Les tardives éditions en langue arabe et la perception de cet ouvrage dans le monde arabo-persan
3 - Histoires des traductions françaises à partir de celles de Galland au 18ème siècle :
Chacune prétend présenter le corpus originel ou intéressant.
Comment s’y retrouver dans un foisonnement de traductions qui ne comportent pas les mêmes récits ? Spécificité de chaque traduction.
4 – Rôle de l’Occident dans la diffusion du recueil :ou quand l’occident joue un rôle non négligeable dans la renaissance, la diffusion et l’enrichissement du livre des « Nuits ».
5 – Contenu du recueil : les différents genres du conte
Une grande variété de récits fait de cette œuvre un remède contre l’ennui.
Chaque genre est illustré par plusieurs résumés de contes.
6 – Possibilités de techniques offertes au conteur : les différentes façons dont les conteurs se sont intéressés à renouveler l’art narratif sont traquées au cœur du texte.
7 – Comparaison avec les autres genres de récits du répertoire d’un conteur d’aujourd’hui : ou comment les « 1001 nuits » sont une source d’inspiration pour dire des contes d’autres provenances.