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La Grand Combe en pleine activité
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Le tout début de l'exploitation minière
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L'exploitation de la houille du département du Gard est déjà très ancienne. Elle remonte au XIII°
siècle. Dans son livre. M. Bardon évoque le versement d'une rente par
les concessionaires exploitant les gisements de terre noire de Montaud
au profit de l'Abbé de Cendras, Bernard de Soucanton (entre 1240 et
1254). La houille sert à la consommation des chaufourniers et des
forges. Au XIV° siècle, les mines des environs d'Alès sont exploitées. A la fin du XV°, début du XVI°,
les propriétaires afferment leurs mines. La production de charbon
augmente considérablement en raison de la pénurie du bois, de
l'association charbon-fer, l'apparition des martinets et des
clouteries. La multiplication des guerres accroit l'exploitation du fer
et indirectement celle de la houille servant à chauffer le fer pour la
fabrication des armes.
Le XVII° siècle marque le début de la
concurence. En 1647, des fermiers des mines de charbon dans le bassin
d'Alès se réunissent au sein d'un syndicat concurrent des petits
exploitants contraints de vendre à bas prix. Un arrêt du conseil daté
du 13 mai 1698 stipule que "Tous les propriétaires de terres ouvertes
ou non ouvertes peuvent les exploiter à leur profit. Mais, dans le
Gard, cette décision reste lettre morte. Les guerres de religion
entraînent l'abandon des mines, leur mise à sac et la destruction des
industries annexes de l'exploitation du charbon. L'arrêt du 14 janvier
1744, oblige les exploitants à faire des demandes de concession. Cette
loi est peu respectée dans le département.
Le 24 mars 1774, François Pierre de Tubeuf obtient l'autorisation du
roi d'exploiter les mines de charbon des environs d'Alès,
Saint-Ambroix, Pont-Saint-Esprit, Aubenas, Laudun, Uzès, Anduze,
Villefort et Viviers. Cette décision marque le début de la domination
de Tubeuf. Celui-ci s'attache à développer l'exploitation des mines de
Rochebelle, sans doute parce que le gisement est important et de bonne
qualité.
Cette première attribution de concession
par l'Etat est très importante car elle relève la
mutation des rapports de production. Elle marque la transition de
l'exploitation par les propriétaires du terrain (les nobles) à
l'exploitation par les concessionnaires désignés par l'Etat (les
bourgeois). C'est le passage de petites exploitations artisanales
composées de quelques ouvriers à des concessions de type capitaliste....
Dans le Gard, la domination de Tubeuf cesse
tragiquement. Les éventuels propiétaires des concessions octroyées à
Tubeuf le combattent par les armes et le chassent. En 1784, Tubeuf est
blessé au cours d'un combat dirigé par le Duc de Castries au château de
Trouillas. Il s'exile en Amérique. Le duc de Castries récupère à son
profit, en 1786, les mines de charbon dépossédées de Tubeuf. Entre temps,
cet industriel français du XVIII° siècle avait su mettre en place
des installations modernes.
A SUIVRE.
D'aprés le thèse de Madame Marie-Françoise Conus "Cycle
long et transformation structurelles. Application à l'industrie
houillère des Cévennes (1810-1987)"
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La nationalisation
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Au lendemain de la première guerre
mondiale, les mines de charbon des Cévennes accusent un net retard de
productivité par rapport aux houillères française ; elles ont de
faible rendement et sont sous-mécanisées. Cette situation défavorable
est aggravée par la longue crise de l'entre-deux-guerres. Dès lors, la
loi de nationalisation des houillères françaises en 1946 a pu représenter, pendant un certain temps, une nécessité et un espoir d'issue à la crise.
La loi de nationalisation des mines de charbon date du
17 mai 1946. Le décret du 28 juin 1946 fusionne les sept sociétés
existantes dans le Gard ( Compagnie houillère de Bessèges; Société
anonyme de Cessous; Compagnie des mines de la Grand-Combe; Société
anonyme des houillères de Rochebelle; Société du Nord d'alès; Compagnie
de mines, fonderies et forges d'Alès; Mine de Lalle) et la
Compagnie des Mines de Graissessac, l'unique société de l'Hérault, au
sein des Houillère du bassin des Cévennes. Celles -ci se
subdivisent en quatre ensembles : le groupe nord ou bassin de Bessèges,
le groupe centre ou bassin de la Grand-combe à Cessous, le groupe sud
ou bassin de Rochebelle et du Nord d'Alès, le groupe de Graissessac
dans l'Hérault.
Après la seconde guerre mondiale,
un effort considérable est demandé aux mineurs. Le pays a besoin de
charbon, principale source d'énergie, pour rétablir une situation
gravement compromise par le conflit armé. Le gouvernement adopte un
plan de modernisation dit plan Monnet. L'objectif des houillères du
bassin des Cévennes est d'extraire 3 300 000 tonnes de charbon. Ce plan
s'accompagne de mesures d'investissement dont l'ouverture d'une
centrale électrique minière et d'une usine d'agglomérés au
Bousquet-d'-Orb. Dans le Gard, le paln Monnet a prévu la réalisation de
plusieurs projets : construction de la centrale du Fesc, liaison entre divers puits afin d'assurer une extraction unique.
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Chronologie
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CHRONOLOGIE DE L'EXPLOITATION DES MINES EN CÉVENNES
D'après Fabrice Sugier. Mineur des Cévennes Vol II P 410
1773 : François Tubeuf regroupe sous sa direction les différentes exploitations cévenoles et entreprend leur modernisation
1776 :
Construction à Alès du puits Tubeuf, le plus anciens puits d'extraction du bassin
1786 : F. Tubeuf, dépossédé par le roi, sous la pression des familles nobles de la région, propriétaire du sol
1810 : Loi sur l'octroi et la surveillance des concessions minières
1815 : Répartition par l'administration de différentes concessions minières entre de multiples propriétaires locaux
1817 : Octroi de la concession de Saint-Jean-De-Valériscle
1821 : Concession de Robiac-Meyranne endue
à MM. de Lassagne, De Robiac, et Silhol, fondateur de la Compagnie
houillère de Robiac et Meyranne, future Compagnie houillère de Bessèges.
1822 : Octroi de la concession de Portes-Sénéchas
1826 : Regroupement de 7 concessions dans la "Société civile des Houillères de La Grand-Combe, Pluzor et autres concessions réunies"
1828 : Octroi des concessions de Lalle, Gagnières, Cessous et Comberedonde
1829 : Création de la Société des mines, fonderies et forges d'Alès, qui exploite les concessions de Trélys et Rochebelle
1833 : Les frères Talabot obtiennent une
concession pour construire une voie ferrée entre Beaucaire et la
Grand-Combe et rachètent la Société civile des Houillères de la
Grand-Combe
1836 : Naissance de la Compagnie des mines de la Grand-Combe et des chemins de fer du Gard
1840 : Achèvement de la ligne de chemin de fer Beaucaire-Alès
1841 : Prolongement de la ligne de chemin de fer jusqu'à la Grand-Combe
1846 : La Grand-Combe est érigée en commune, puis en 1851, en chef-lieu de canton
1846-1866 : Essor rapide de l'extraction : le nombre des mineurs du Bassin passe de 2000 à 7500
1848 : Avril agitation et grève à la Grand-Combe. Arbitrage des pouvoirs publics puis nombreux renvois.
1850 : Grève à la Grand-Combe pour exiger le renvoi des ouvriers piémontais
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