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Compte rendu MOTI 17

MOTI 17

Médias et immigration



SOMMAIRE

Présentation de la problématique M.O.T.I

MOTI 17 Médias et immigration
Présentation
Problématique

REPERES

Repères dans l’histoire des médias

Les différents types de médias : histoire, spécificités et contraintes

Evolutions théoriques de l'analyse des médias

Grille d’analyse : Qui ? dit quoi ? comment ? à qui ? avec quels effets ?

Pistes de remédiation 




Présentation de la problématique M.O.T.I

De plus en plus, les activités de recherche du CMLO se recentrent autour de l’anthropologie de la communication orale

M.O.T.I (Mémoires Orales Territoriales et Immigration) est une réflexion sur la construction des représentations sociales dans l'ancien bassin houiller des Cévennes relatives à l'immigration et les comportements racistes et/ou xénophobes qui en découlent

La mémoire est considérée pour son importance capitale dans la construction des identités individuelles et collectives.

L'oralité, une des missions de base du CMLO, est surtout ici une forme de communication qui génère de micro-événements informels dont ne sont témoins que les protagonistes directs. Elle est le lieu des interactions sociales, souvent impulsives et émotionnelles. L'oralité surgit des inconscients collectifs ou individuels. Elle révèle les petites ambiguïtés du quotidien et témoigne du manque de conscience que les personnes ont du poids des représentations dans les rapports interculturels. Par exemple, changer de trottoir quand on croise quelqu'un de différent révèle et résulte des fondements inconscients des rapports à l'altérité.

Le territoire : MOTI est une recherche territorialisée, c'est à dire appliquée à un espace délimité car l'on sait que les spécificités d'un territoire (histoire, contexte socio-économique…) sont souvent fondatrices de façons d'être, d'agir, d'accueillir. Les relations avec l'allochtone dépendent de ces caractéristiques.

L'immigration est le dénominateur commun.









MOTI 17 Médias et immigration





Présentation
Dans le cadre de son travail de recherche sur les processus de construction des représentations sociales  relatives à l'immigration et les attitudes orales racistes ou xénophobes qui en découlent, le CMLO ne pouvait faire l'économie d'interroger la puissance évocatrice des médias.


Problématique
Pistes de réflexion pour étudier les effets des médias sur les  systèmes de représentations sociales des individus et sur leurs perceptions de la réalité

Les médias peuvent-ils influencer les perceptions, les opinions et partant les attitudes ? Quelles sont  les images des immigrés véhiculées par les différents médias ? Comment les immigrés se sentent-ils  représentés par les médias "traditionnels" ? Ces médias participent-ils à un sentiment d'intégration ou d'exclusion des immigrés ? Existe t-il des réseaux d'information parallèles dans les communautés de  migrants ? Les médias peuvent-ils être aujourd'hui encore porteurs d'une conscience collective non  manipulée et non manipulable ?
Quel a été le traitement médiatique de certains faits historiques relatifs à l'immigration ? Les logiques de la communication règnent-elles sur les médias ?


REPERES
 
Interroger les média, c’est interroger la circulation de l’information, du comment la parole circule dans toute société.

La médiation, c’est comment on accueille la parole de l’autre ou plutôt comment est accueillie la parole de l’autre vis à vis d’un espace choisi.

D’un point de vue étymologique, média vient du latin medium (dont il est le pluriel) et qui signifie tout à la fois « moyen, milieu, lien ».

Un média est une institution ou un moyen impersonnel permettant une diffusion large et collective d'informations ou d'opinions, quel qu'en soit le support.
Il permet de communiquer vers un très grand nombre de personnes sans qu'il y ait possibilité de personnaliser le message.  On parlera aussi de mass-média.

Le média, en portant une information à l'attention collective, fait office de "médium" entre un message (un contenu) et un  public (une société).

On nomme média l’ensemble des moyens de diffusion de l’information, utilisés pour communiquer : radio, télévision, presse écrite, internet…


Les médias d'information réellement indépendants sur les plans politique et économique sont plutôt rares. Les principaux médias, presse, radio, télévision, appartiennent à de grands groupes privés, à des multinationales ou sont dans le giron de l'Etat. En outre, une grande part de leurs ressources financières provient des recettes de la publicité. Dans ces conditions, il ne faut guère attendre d'eux autre chose que la défense du capitalisme, du libéralisme et de la société de consommation.

Pour cerner au mieux notre problématique, nous avons également pris en compte « comment se passe l’information dans une société de tradition orale ? » et interrogé « comment une personne passant de l’une à l’autre de ces deux types de société va-t-elle « s’acclimater » aux modes d’information ? »

Enfin, protéger les personnes contre le discours raciste et xénophobe est un principe fondamental de toute société démocratique.


Quelques repères dans l’histoire des médias
 1789 : L'article 11 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen affirme : "La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement(…)". La presse ne sera pleinement libre qu'entre 1789 et 1792. Ensuite elle sera contrôlée par le gouvernement. Il faudra attendre la loi du 29/07/1881 pour que soit garantie l'indépendance des médias.

1920 : on note une influence de la presse écrite et de la radio au service du fascisme en Italie et du nazisme en Allemagne.

1950 – 1980 : Montée en puissance du rôle des médias : surtout la radio et la télévision

Après-guerre : De Gaulle est le premier a avoir compris le pouvoir des médias et a utilisé les médias au service du pouvoir.

1980 marque une rupture ; c’est la "victoire" des médias
Ainsi, la situation actuelle, débutée dans les années 80, provient de la victoire de la télévision et de la communication de masse.
Par exemple, la logique des relations entre le pouvoir politique et les médias audiovisuels s'est rapidement modifiée, allant parfois jusqu'à s'inverser. On assiste à une hypermédiatisation de la politique.
On note également actuellement une crise de la presse écrite. Toutefois, plus l'édition électronique se développe, plus les gens lisent. Ce sont de nouvelles formes de lecture.


Les différents types de médias : histoire, spécificités et contraintes

Presse écrite :
Histoire
1631 : La Gazette : premier journal français par un certain Théophraste Renaudot (médecin du roi) qui a donné son nom à un prix littéraire fondé en 1925 qui perpétue la mémoire du fondateur de la presse française.
1777 "Le journal de Paris" : premier quotidien  

1835 : Création de l'AFP. Le français Charles-Louis Havas crée la première agence d'information mondiale sous le nom AFP "Agence des feuilles politiques, correspondance générale" Les nouvelles en provenance des journaux étrangers sont envoyées par pigeon voyageur et traduites dès leur arrivée à Paris.

1851 : Paul Julius Reuter fonde son agence de presse : but est de diffuser l'information entre Londres et Paris. Grande influence au XX°.
1894 : Affaire Dreyfus : Média jouent un rôle important quant à l’opinion publique.
1907 Gaston Leroux donne naissance à Rouletabille dans Le mystère de la Chambre jaune et annonce ainsi les prémices du journalisme d'investigation.

1915 : Création du Canard enchaîné par Maurice et Jeanne Maréchal exaspérés par la propagande guerrière.
1919 : Censure est levée.
1944 Le Monde en Kiosque = De Gaulle souhaite voir s'implanter un organe de presse de référence dans la presse nationale d'après guerre

2002 : Apparition de la presse gratuite d'information en France

« La presse est une bouche forcée d’être toujours ouverte et de parler toujours. De là vient qu’elle dit mille fois plus qu’elle n’a à dire et qu’elle divague souvent et extravague. » in Journal intime, Alfred de VIGNY


Il nous a semblé important d’interroger le pouvoir de la presse mais aussi ceux qui ont le pouvoir au sein même de la presse.
 
Aujourd'hui
La presse peut être : locale, régionale, nationale / quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, trimestrielle…spécialisée ou non.

Radio :
1921 : Première émission radiophonique en France (une revue de presse, un bulletin météo et un morceau de violon)
1923 : Monopole de l'Etat sur la radio : il faut déclarer sa radio.
1945 : Monopole de l'Etat sur la radiodiffusion française suite au traumatisme de la "guerre des ondes" . La RDF ( radiodiffusion française) est mise en place pour assurer ce contenu.
1945 -1960 : La radio avait joué un rôle trop important et différencié en Europe au cours de la guerre pour qu'elle ne soit pas considérée par l'opinion et par les pouvoirs politiques comme une force, premier élément d'information et premier moyen de divertissement dans l'Europe au lendemain de la guerre
1963 : inauguration de la Maison de la radio.
Radio : grand média des années 50-70 mais peu d'influence sur la société
Il y eut un retard en France de l'étude historique de la radio : jusqu'au début des années 70, la référence à la radio pendant la 2°GM était absente des publications : C'était lié à l'attachement des historiens français au document écrit, au caractère conflictuel entre universitaires et mass média.
Depuis 1980 : radios internationales, nationales, de proximité, via internet, locales, libres (1981), clandestines
C’est le mmédia le plus répandu

Télévision
1931 : Première émission de télévision publique
1938 : Démonstration de la télévision couleur
1967: La couleur arrive sur les écrans
1975 : L'ORTF est démantelée. Les chaînes de l'Office de la radiodiffusion-télévision française sont réorganisées en sept sociétés autonomes.
1986 La haute autorité devient la cncl (commission nationale de la communication et des libertés) Créée en 1982..La cncl hérite du même rôle de régularisation de l'audiovisuel. Elle sera finalement à son tour remplacée par le Conseil supérieur de l'Audiovisuel (CSA) en 1989.
Années 90-2000 : Apparition des paraboles et des média communautaires.
2005 : tnt, télévision numérique terrestre.  


Internet

1972 : invention de la messagerie électronique
1990 : développement d'internet/ Windows, netscape, logiciels, la bulle internet est prête à éclater…

Internet est-il un média ?
S’il s’agit seulement d’un « canal de diffusion d’information », alors la réponse est évidente.
Mais si on le définit comme un canal d’information régi par un grand groupe aux pouvoirs financiers consistants, et ayant une grande possibilité de diffusion, alors la question est plus délicate. Internet est devenu, en 10 ans, un outil au cœur de la vie de la plupart des occidentaux, aux fonctions assez proches des médias traditionnels.
Mais alors, en quoi est-il de par son fonctionnement une source d’information qui s’écarte de la conception traditionnelle du média ? Est-il intouchable ?
Internet est en effet bien différent d’un média au sens courant, puisqu’il se dégage de ses contraintes. S’il permet une liberté de diffusion et d’information jamais égalée, il n’est toutefois pas complètement libre.

Evolutions théoriques de l'analyse des médias

Années 30 : propagande politique notamment des régimes totalitaires (nazisme, fascisme)

Années 40 : théorie des effets limités
Lazarsfeld, en 1944, travaille sur Roosevelt vs Wilkie : le vote d'un individu est principalement déterminé par son groupe social d'appartenance. Donc, les effets des médias sont limités par la logique de reproduction sociale dont le poids est majeur : Les individus se préservent du changement en s'exposant aux messages correspondant à leurs convictions.

1950 : Paul Lazarsfeld développe la théorie de l’"agenda setting"
L'influence des médias est plus cognitive que normative. Les médias nous donnent l'agenda, conditionnent ce qui est important. // communication politique "Les médias ne nous disent pas quoi penser mais à quoi penser".
Il y a des effets à court terme et des effets à long terme. Il faut prendre en compte le degré d'information et le capital culturel. Il s’agit d’"Habitudes de consommation médiatique"

Années 50-60 : L'individu n'est pas passif. Théorie qui rejoint l'un des paradigmes majeurs de la démocratie depuis le XVIII° : la capacité d'intelligence d'un public fait qu’il est assez intelligent pour se forger une opinion propre. En même temps, commencent à se développer les médias de masse qui soulèvent des questions sur la capacité des leaders d'opinion à manipuler les individus.

1960 : Edgar Morin fait de la sociologie de la culture de masse, Roland Barthes G. Friedman…posent des réflexions sur l'enjeu démocratique des médias

Années 70 : généralisation de la télévision / 3 courants de pensée :
- le courant critique de l'école de Francfort (inspiration marxiste autour d'Adorno, Marcuse et Habernas) pessimiste sur l'invasion médiatique. Médias détournent de ce qu'il faut penser (la Révolution, le changement social…). Il y a un parallèle avec Bourdieu
- Le courant institutionnel renouvelle sa vision sur le pouvoir politique de la télévision. Pouvoir de sélection et de mise en scène des informations, notamment à travers la fonction d'agenda (Les journalistes, en sélectionnant les intervenants ou les événements, ont le pouvoir de dire haut et fort ce qui fait l'actualité, et donc aussi ce qui ne la fait pas.
+ existence de prescripteurs d'opinion (Le Monde)
Exemples : - Les médias ont contribué à projeter Le Pen sur la scène politique (son invitation à l'Heure de vérité a été vue comme une intronisation). En 2002, le thème prioritaire de la campagne, l'insécurité, était favorable aux deux candidats Le Pen et Chirac. L'insécurité a été deux fois plus médiatisée que l'emploi, huit fois plus que le chômage. Selon les estimations du ministère, aucune augmentation sensible du nombre des crimes et délits n'avait cependant été constatée pendant la période...
- Le courant technologique (continuateur de l'œuvre de Mac Luhan,
Marshall Mac Luhan a écrit « Pour comprendre les média » en 1964 : notion de "village planétaire". Il analyse l’impact des médias sur notre société. Les médias sont envisagés comme une extension de l'homme, les prolongements technologiques des individus. La galaxie Gutenberg : "L'homme change lorsque les technologies se transforment". Les modifications technologiques (apparition de nouveaux médias) correspondent à une transformation de l'environnement social, du mode de perception et du psychisme individuel et collectif. Le médium est plus important que le message, cest le message. Par exemple, le Net offre une vision nouvelle de la politique susceptible de réactiver l'intérêt des électeurs, voire de créer de nouvelles modalités de participation politique (cf les cyber-militants, les blogs politiques)

Dictinction média chauds - Média froid :
Un medium est dit « froid » lorsqu’il encourage la participation de son audience, dès lors qu’il lui fournit peu d’informations. À l’inverse, un medium est dit chaud lorsque, fournissant beaucoup d’informations à son audience, il favorise en même temps sa passivité ». Dans ces conditions, Marshall McLuhan classe parmi les media chauds la presse, la radio et le cinéma et, parmi les media froids, l’affichage et la télévision.

Un même message peut avoir des effets différents selon le média.

Déjà, dans les années 60, il y a une crainte des mass-médias dans une logique de terreur.
1970, est prise en compte de la "source d'information". Les informations journalistiques sont, pour une bonne part, le résultat des interactions quotidiennes entre des professionnels des médias et des sources d'information = se pose la question des sources d'influence ?

Période contemporaine
Renouveau de la pensée critique autour de Bourdieu: média est outil de domination des classes dominantes (pensée post 68). Bourdieu écrit « Sur la télévision » en 1997. Il dénonce la censure invisible qui s'exerce à la télévision ainsi que ma logique de l'audimat, le pouvoir des groupes financiers (Bouygues et TF1, Rotschild et Libé. Enfin, celui des intellectuels médiatiques (bhl, Alain Minc) qui ne bénéficient pas de la reconnaissance de leurs pairs.
Bourdieu a opéré une reprise des stéréotypes marxistes mais a ignoré les travaux précédents sur la tv et le journalisme) : les intérêts économiques dominent les médias. Il a parlé d’aliénation et de manipulation

Développement d'une sociologie qui s'intéresse à l'exercice du métier de journaliste, aux logiques commerciales, au journalisme de communication et à la concurrence d'internet qui propose toutes sortes de rédacteurs qui ne sont pas toujours journalistes.

Questionnement sur l'avenir du journalisme, la problématique des journaux gratuits et la nouvelle considération des auditeurs. Ainsi, ils ont été assimilés à des consommateurs par le directeur de TF1 P. Le Lay : « Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible »

1990 : Notion de l’Agenda Building qui correspond à l’agenda des sources (hommes politiques, événements…) qui fait l’agenda des médias et l’agenda du public.

Mais il existe aussi :
- La protection de la visibilité (zones d'ombre ; militaires, diplomates…)
Ces absences structurent tout autant que les présences nos représentations et celles des journalistes.
- Evénements soudains à grande valeur journalistique : accidents, scandales, catastrophes qui n'ont pas été planifiés
- Le thème donné à l'ordre du jour peut échapper à celui qui l'a initié.

Il est important Procédures de sélection // nature de l'événement // travail des journalistes.

2007 : L’émission de J.L Schneiderman « Arrêt sur images », émission de décryptage de la télévision, est arrêtée.  

Autre analyste des médias ; Dominique Wolton, chercheur au cnrs

Wolton conçoit la tv généraliste comme le lien social par excellence : elle est en effet une activité partagée simultanément par tous et qui rapproche.

2007 : Christian Salmon écrit « Storytelling » sur les logiques de la communication.

A savoir aussi :

En France, la tradition anglosaxonne d'analyse sociologique des médias, particulièrement féconde depuis les années 40 ( K.Lazarsfeld ou E.Katz) est restée minoritaire. Elle part de l'idée que l'influence des médias est limitée, parce que le public sait résister aux images qu'il reçoit.  Passivité ? résistance ? devant la profusion d'infos.
Un des paradigmes centraux de la démocratie depuis le XVIII° est la capacité d'intelligence du public. Nous sommes des citoyens à qui l’on confie le suffrage universel.
Dans les années 80, le mode de communication médiatique est progressivement, mais rapidement, devenu le seul mode de communication social possible. La véritable crise sociologique est là.
Le problème n'est sûrement pas qu'il y ait plusieurs télévisions et radios concurrentielles, mais plutôt que le monde de la communication ait trop d'influence.
Il existe une élite médiatique composée d’environ 20/30 personnes que l’on retrouve partout dans la tv, la radio, la presse écrite. Leurs livres, en raison même de cette omniprésence et de cette conformité, sont eux aussi les seuls à se vendre en masse. Ils n'ont aucune influence fondamentale sur la société, mais font illusion par la récurrence de leurs discours …
Les dégâts de la communication de masse augmentent d'autant plus que les institutions intermédiaires (armée, église, recherche, culture) abandonnent leurs expressions spécifiques.
On assiste aujourd’hui à une révolution du système d’information à cause de l’avènement du numérique et du multimédia, ceci entraînant un bouleversement des schémas de communication. Les grands groupes économiques dominent le secteur : l’Internet et les journaux sont de moins en moins indépendants.
Ce contexte bouleverse la théorie de Montesquieu sur les trois pouvoirs traditionnels que sont l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Car aujourd’hui les trois pouvoirs dominants sont, par ordre décroissant, l’économie, les médias et le politique.
On en arrive à se demander si une nouvelle police de la pensée, une nouvelle censure ne sont pas en train de naître…
Aujourd’hui l’information a perdu son noble statut, c’est devenu une marchandise que l’on doit pouvoir vendre dans le monde entier. Les « psychodrames planétaires » tels que la mort de la princesse Diana ou l’affaire Lewinsky témoignent de cette tendance.

Aujourd’hui, le sport représente un mode de communion planétaire et accessible car il offre des investissements affectifs, véhicule des symboles et engendre des mythes. Ce n’est pas par hasard que la publicité s’en est emparé...  


Médias et Immigration. Comment s’est construit le lien entre banlieue et immigration ?
Traitement médiatique : comment analyser les banlieues à la télévision ?
La banlieue est thème médiatique :
Le discours sur la banlieue à la télévision est le résultat d'un conflit de discours, d'un conflit d'images, d'un jeu de négociations permanent entre trois types d'acteurs : les journalistes, les habitants des banlieues et les acteurs professionnels.

L'immigration, la banlieue dans les médias
Constitution d'une thématique.
1950 : On n'en parle pas
1960 : Première forme de pronominalisation à travers la question des grands ensembles, on traite de l’édification des cités à la périphérie des grandes villes. La banlieue est présentée comme une solution aux problèmes du logement des années 50. La Tv se fait l’écho du volontarisme gouvernemental. On perçoit toutefois dans ces reportages quelques interrogations sur les effets de structuration de certaines formes de sociabilité héritées du monde rural et sur l'émergence de certaines formes de délinquance juvénile. C’est l’époque des blousons noirs.
Dans début des années 60, quelques magazines comme "16 millions de jeunes" puis "Panorama" proposent des approches sociales fouillées. Les journaux tv, eux, restent assez discrets sur les banlieues

1960 : Traitement particulier de la guerre d'Algérie. On parle des "événements"…

1961 : Silence autour du 17 octobre 1961

1970 : Basculement, assombrissement de la vision sur les banlieues à la tv et dans les magazines : on reproche la dégradation de l'environnnement, les dérives de l'habitat, les effets psychosociaux d'un type d'habitat désocialisant, de la de structuration des relations familiales, des phénomènes de violence et du besoin de mémoire qui commence à surgir par rapport à la périphérie des villes, autrefois composées de villages ruraux et maintenant synonymes de grandes cités anonymes : questions qui sont surtout traitées dans des magazines de société (aujourd'hui madame) et des émissions de type éducatif.

1980 : Il y a une focalisation sur cet univers urbain : On parle beaucoup des rodéos, des beurs. C’est la période de l'étiquetage et de la stigmatisation.

Il y a des tensions entre journalistes – acteurs sociaux – habitants
C’est l’époque où l’on envoie les banlieusards en colonie : journalistes sont sollicités par les pouvoirs publics. Voir chanson du groupe IAM intitulés « l'Aimant » qui raconte en quoi la banlieue est un aimant qui a suivi les jeunes de la banlieue jusque dans les Alpes où ils ont été envoyés en colonie par la gauche bien-pensante dans les années 80.  

1983, démarrent les grandes cérémonies d'émeutes. Les journalistes font des sujets aux tonalités dramatisantes et alarmistes. On parle de "La guerre des banlieues", du « Mal de vivre en banlieue »…Ces titres sont parfois rééquilibrés par des sujets rassurants, parfois euphoriques. Accent est mis sur la volonté d'intégration et la réussite de certains. (cf Journal Libération : époque de la « Marche des Beurs » dont les médias se sont emparés.  
1990 : Montrés en 1983 par les médias comme les pionniers d'un avenir multiculturel de la société française, les beurs apparaissent comme gagnés par un repli identitaire. Les Beur deviennent des rebeu.
Histoire de la mort d'un jeune tué en moto par une voiture de police = evts violents largement couverts par les médias.  Affaire du foulard connote une islamisation de ces jeunes.
La télévision est accusée de faire des constructions médiatiques, et de donner des représentations négatives des banlieues et de ses habitants.
1991 : 1° guerre du golfe : orient / occident
1992 : Début d'une attitude de réparation de la part des médias, voire d'expiation, les journalistes affichant de plus en plus explicitement leur responsabilité dans la construction des représentations sociales négatives qu'ils ont contribué à donner. Ex d'un "Bas les masques" de M. Dumas où les habitants d'Argenteuil expliquent leur bonheur de vivre en banlieue.
1992-1994 On vise à expliquer la complexité de la situation. Exemple de « La marche du siècle » avec J.M Cavada
1995 : Chirac a pour thème de campagne la fracture sociale
1998 : Equipe de France Black – blanc – beur  : euphorie d'une société multiculturelle qui gagne.
2002 : J-M Le Pen au second tour de la présidentielle. Le débat de la campagne est l'insécurité.
2005 : émeutes après que Sarkozy ait promis de "Karcheriser les banlieues"
2006 : crise provoquée par la publication de caricatures du prophète Mahomet dans un quotidien danois a déclenché un intense débat international sur la liberté d'expression, le discours haineux et l'impact des médias sur les relations interculturelles.
2007 : création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Ouverture occultée par les médias de la cnhi (cité nationale de l’histoire de l’immigration).


GRILLE D’ANALYSE

A la fin des années 40, le chercheur américain Harold H. Laswell conçoit un programme de recherche pour analyser les médias. On peut ainsi déterminer les différentes étapes du processus médiatique à partir des questions suivantes :
Qui ? dit quoi ? comment ? à qui ? avec quels effets ?

Cette approche nous a semblé pertinente pour aborder :

Comment améliorer les normes en matière de reportage et le renforcement de la responsabilité des journalistes, l'impact du reportage sur les minorités ethniques et religieuses, la création (délibérée ou involontaire) de stéréotypes négatifs, le secteur des médias, l'équilibre entre liberté d'expression et le discours haineux, et une meilleure exploitation du savoir-faire et de l'expérience de la société civile ?

Etudier les mécanismes de production des oeuvres, de structuration du champ de production, de réception des produits.  


Qui ? :

Les producteurs d'information et de divertissement sont :

- Les Marchands / L'économie

- Les hommes politiques, les responsables divers.
Exemple :
Depuis sa nomination au ministère de l’intérieur en 2002, Nicolas Sarkozy est devenu un homme incontournable dans le paysage politique et médiatique français, à tel point que l’on assiste à une véritable « frénésie médiatique » à son égard. Pour comprendre les ressorts de sa popularité et de la médiatisation qui en découle, il faut bien avoir à l’esprit que toute la communication de Nicolas Sarkozy, depuis qu'il a été ministre de l’intérieur, est axée sur l’omniprésence médiatique, notamment sur le front de la sécurité. Sa stratégie de communication s’étend sur l’ensemble des médias et repose sur une logique basée sur l’action et la réactivité aux événements.

- Les professionnels des médias (rédacteurs, journalistes…) Le degré d'autonomie des journalistes varie selon les journaux, la ligne éditoriale, les contraintes techniques (délais, espace…) Mais ils doivent également tenir compte de la déontologie, des modèles rédactionnels (investigation, commentaires…), de leur carnet d'adresse….Les débats au sein des comités de rédaction se font rares.
L’imaginaire développé sur la profession laisse cours à un romantisme fécond. On se figure aisément le journaliste parcourir le monde au rythme des évènements ; pourtant leur quotidien est infiniment moins trépidant, même si les pratiques professionnelles n’ont cessé d’évoluer.
L’activité journalistique, à proprement parler, consiste à collecter, rassembler, vérifier et commenter des faits pour les porter à l’attention du public à travers les médias.
L’éthique des journalistes subit la domination économique. Aliénation et liberté de conscience sont intimement liés.
La responsabilité, la déontologie, la partialité, la connivence avec les élites sont autant d’éléments à envisager pour cerner les journalistes et leur relation à la complexité du monde.
Il existe un jeu d'échange avec le pouvoir : les journalistes marchandent /donnent du médiatique contre de l'information. Il serait donc une erreur de considérer la source d'information comme objective.
Le travail du journaliste, c’est la pondération, la hiérarchisation, la mise en perspective, l’analyse et la synthèse.
Depuis les années 1980, on assiste à une hyper médiatisation. Les journalistes sont consacrés comme les gardiens de l'espace public médiatisé. Ils ne savent plus la limite de leur rôle, car l'espace médiatique apparaît à tort comme le seul à garantir l'existence d'un fait ou d'un débat.
Un autre problème à considérer est l’absence de mixité sociale dans les rédactions.

- Les citoyens partie prenante dans un événement (attentat, grève, événements…) ou invités à s'exprimer…
Les journalistes recherchent des personnes qui expriment directement des choses.
Dans les rédactions, garde t-on que les bons cas, c'est à dire ceux dont l'histoire est facilement compréhensible ou s'intéresse t-on à ceux dont l'histoire est plus compliquée ?
Quand il y a un sujet sur la misère sociale, qui sort-on du placard ? Le beur, le black ?…
Il y a des exemples de tollés à TF1 quand la rédaction a demandé à ce que soient filmés des « blacks et des arabes » faisant la queue devant la caisse d'Allocations familiales pour illustrer un reportage sur « le trou de la sécu ». ( Voir in Cahiers du journalisme)
Les maghrébins et leurs descendants ne disposent que d'une faible place dans les colonnes des journaux ou à la télé. Ils ont peu de parole.
Un "rebeu" qui parle prend tout de suite un statut de porte-parole/

Il est de tradition que, pour aborder un thème général, global, théorique, on passe par un personnage. On prend quelqu'un qu'on juge symptomatique d'une situation, et on illustre :
"On choisit les gens comme on fait un casting : ce sont des "clients", des "tronches".  Télé : bcp de contraintes. Par exemple, à la tv ou à la radio, difficile de faire parler quelqu'un de la première génération car même si la personne est là depuis 30 ans, si on ne sous titre pas, on demande des prouesses à ceux qui écoutent. Le téléspectateur se demande pourquoi l'immigré ne parle pas français alors qu'il est là depuis trente ans : on en arrive à la problématique du casting.  Qu'on travaille pour un documentaire ou pour l'actualité, il faut un personnage. "  (Voir in Cahiers du journalisme)

Dit quoi ?

Les fonctions des médias sont diverses : informer, divertir, les deux à la fois, permettre de s'exprimer…
L'analyse de contenu permet de déterminer les types de messages explicites ou implicites émis par les informations, les films…On peut aussi évoquer le caractère stéréotypé de la publicité par exemple.

On note l'existence de discours idéologiques ou psychologisants, souvent empreints de naturalisme et traduisant des "paniques morales" (Eric Maigret in Sociologie de la communication et des médias) liées à l'apparition des nouveaux médias.

Exemple :
Islam, immigration  : ça vous dit quoi ?
    * Si je vous montre un mot, serez-vous capable de me dire ce qui vous vient aussitôt à l'esprit ?
    * Si je vous montre une image, en un mot, de quoi la qualifierez-vous ?
Pour un Glossaire médiatique autour de l'immigration :
Ceci serait un regroupement de termes réunis dans les médias de tous les mots qui touchent de près ou de loin à l'Islam, à l'immigration.

En ce qui concerne l’immigration, soit il s’agit d’une stigmatisation, soit c'est un sujet compensatoire, gentillet et hypocrite, marqué par une discrimination positive sur les gentils Arabes qui réussissent.

On remarque aussi le caractère sensationnel des réseaux islamistes.

Les facteurs déterminants pour la valeur journalistique sont : la gravité des faits, le caractère conflictuel ou controversé des situations, la notoriété des acteurs de l'événement et les formats médiatiques.

La construction médiatique passe par des mots et des symboles.
Les journalistes donnent des schémas, les entretiennent et les perpétuent.
Se pose aussi la question de la dénomination  : "beur", "français issus de l'immigration", jeunes de la seconde génération"…Or, on ne dit pas français d'origine italienne.

La désignation est une information faisant appel à nos références culturelles.

Il faut également considérer la notion du risque éditorial. Journalistes attendent avant d’annoncer une information qu’il y en ait un qui se lance.
 
Le journalisme, c'est certes une construction d'images, mais c'est surtout une construction intellectuelle.

Donner du sens, en télévision, cela est très dur. Il y a aussi le risque de faire dire aux gens ce qu'on veut entendre.

A propose du traitement médiatique, on peut se demander comment analyser les banlieues à la télévision ?
La banlieue est un thème médiatique : le discours sur la banlieue à la télévision est le résultat d'un conflit de discours, d'un conflit d'images.

Donner du sens ou montrer du spectaculaire ?
Exemple de l’émission ça se discute : La dualité, les antagonismes représentent les schémas journalistiques. On voit le tiraillement entre des exigences contradictoires, entre l'impératif de montrer du spectaculaire pour attirer l'attention, et l'impératif de rendre les choses intelligibles, pour donner du sens.
Il y a aussi la difficulté des journalistes de l'information télévisée à gérer le temps, à capitaliser les expériences et à résister aux "emballements médiatiques". Car il faut rendre compte de l'événement de façon immédiate, y compris dans les émissions "explicatives". Il y a de réelles difficultés pour les journalistes de TV à affronter la complexité. Le spectaculaire est souvent privilégié au détriment de la compréhension.

Le « news business », le marché de l’information, est maintenant un moyen juteux de faire du profit. Le journalisme est en train de s’éloigner de son but initial : ce n’est plus du journalisme d’investigation mais du journalisme de révélation.
Autrefois, la véracité d’une nouvelle représentait sa plus grande valeur. De nos jours, le rédacteur en chef ou le directeur d’un journal ne demandent plus qu’une information soit vraie, mais qu’elle soit intéressante… D’un point de vue éthique, c’est un changement considérable.

L’information est soumise aux lois du marché : le « show-business » de l’information encourage les faux reportages, le colportage de rumeurs et la chasse au scoop. « Ce qui est important pour ce nouveau journalisme, c’est que le scénario fonctionne, et non pas qu’il se plie à la vérité. »

Quelques vedettes nationales (smaïn, Khaled, Djamel Bourras, Tahar Ben Jelloun…) ont permis à la seconde génération de Nord-Africains de retrouver certaines racines mais, surtout, de mieux faire passer le message de l'intégration et de la tolérance parmi les Français.
Pour certains, les médias ne sont présents sur le terrain que pour relater les drames ou la violence dont les "Arabes" seraient à l'origine.
Mais il faut savoir que des associations d'immigrés se battent. Les résultats sont satisfaisants. En parle t-on dans la presse quotidienne régionale ? Que connaît-on des associations qui font émerger des élites parmi les immigrés ? et les actions remarquables du type soutien scolaire, alphabétisation, crèches, mosquées, clubs sportifs… ?

Comment ?

Les médias forgent l'opinion public. Normal, car la plupart des informations sont filtrées et distillées par les médias.
Les journalistes doivent avoir plus de compétences, donc plus de formation et aussi plus d'engagement.
Il faut aller à la source du sujet pour en cerner le sens.
Or, l'information que reçoit le journaliste devient prioritaire sur celle qu'il doit chercher. Est souvent privilégiée l’information institutionnelle sur celle qu'il doit chercher et au vécu.

Il y a aussi à étudier le parasitage de la surinformation.



La presse écrite : elle est nombreuse et diverse.
La presse quotidienne régionale et l'immigration.
Comment ce média traite t-il de l'immigration ? et comment parle t-il des populations issues de l'immigration ?
L'immigration est souvent absente de la presse quotidienne régionale.
Problème pour la presse quotidienne régionale, comme pour les magazines, c'est qu'on ne parle pas de l'immigration. On en parle comme d'un thème politique, mais on ne parle pas de la presse immigrée ou issue de l'immigration.
Ce qui est important dans l'information de proximité, c'est de savoir dans quelles mesures les différentes composantes de la population se retrouvent dans les pages locales, dans quelles mesures on retrouve les différents aspects de leur vie quotidienne, c'est à dire leur travail, leur vie communautaire, leurs joies et leurs peines.
Le seul moment où l’on voit apparaître des références au fait que les gens sont immigrés ou issus de l'immigration, c'est quand on a affaire aux faits divers (désormais anonymes). D'où une connotation inquiétante et pénible. Les journalistes en sont conscients, ils ressentent un non-accès à cette population qui ne communique pas et les évite. Ils ne sortent plus pour aller au contact de la population immigrée et de tous ceux frappés par la pauvreté et l'exclusion.

Les structures de la presse régionale : la tv a des structures rédactionnelles qui se déplacent pour les événements. La presse quotidienne régionale, quant à elle, a comme particularité d'avoir un réseau stable, alimenté essentiellement par ses correspondants, c'est à dire des gens qui n'ont pas forcément la carte de presse. Il est intéressant de s'interroger sur leur formation, sur la façon dont ils travaillent, sur leurs représentations de la société.
La presse régionale travaille de plus en plus vite.
On peut alors s'interroger sur les effets du traitement d'un fait divers sur la population concernée. Cette question est aussi celle de la déontologie journalistique.
Les journaux régionaux et la presse magazine ne font pas toujours attention aux effets du visuel.
Les photographies comportent aussi des enjeux.

L'immigration agit comme un révélateur de plusieurs formes de difficultés classiques rencontrées dans le traitement de l'information locale. Le Chômage, l’exclusion, la pauvreté ne sont pas abordés par les localiers. L’installation de localiers est elle-même problématique. Il y a une superposition de handicaps.
Les différents réseaux qui expriment la vitalité de la population immigrée ne sont pas connectés au réseau de collecte de l'information.

La radio :
On est là dans la construction de l’abstraction. Il y a une protection, c’est un média particulier. Quelques radios beurs ont vu le jour dans les années 80. Ce sont des espaces de dialogue, de discussion, de débat.

La télévision
La TV est la reproduction d’une sensibilité apparemment naturelle et qui passe par la « vue ». En fait, on nous redonne à percevoir comment on perçoit naturellement.  De plus, on a l’impression de vivre en accéléré quelque chose de fort.
La télévision française reste un vivier de fantasmes sur les cités de l'immigration. Nombre d'études soulignent les dérives médiatiques liées à des visions ethnocentriques largement partagées.
Tout a été dit sur les dangers de la télévision (aliénation, uniformisation…voleuse de l'esprit critique…)
Quels sont les modes de traitement médiatique privilégiés par les chaînes ?
Quelle est la responsabilité civique de la télévision ? La télévision est-elle un instrument déterminant de brassage et d'activation des représentations sociales ?

Exemple :
Nicolas Sarkozy. Son média favori est sans aucun doute la télévision. En effet, la télévision est de loin le média le plus puissant et Nicolas Sarkozy l’a bien compris. La presse quotidienne ne séduit qu’un nombre décroissant de lecteurs et la radio jouit de plus faibles audiences. La télévision a aujourd’hui une place centrale dans le paysage médiatique. Depuis la première utilisation des spots audiovisuels par le Général de Gaulle en 1965, aucune communication politique ne peut se faire sans ce média.
Nicolas Sarkozy a donc mis au point un plan média très élaboré, dans lequel la télévision tient une place primordiale : utilisation de son image, de sa rhétorique et des techniques employées pour séduire les « citoyens téléspectateurs ». L’analyse doit prendre en compte non seulement l’étude de l’image de Nicolas Sarkozy (ses gestes, son visage) mais également son argumentation (utilisation des mots, le débit, sa voix…)

La tv ne peut se réduire à une analyse unilatérale. Elle correspond à une culture de "l'entre-deux". Les informations sont régies en partie par le scoop, la rapidité de traitement. Mais on trouve aussi des enquêtes approfondies (reportages, débats…) Les films diffusés sont de plusieurs ordres : série B, téléfilm, grands classiques...La présence des jeux, des émissions culturelles, des débats, des sports contribue à en faire un instrument diversifié et "hybride".

Chaîne locales / bouquet satellite : panel de propositions très élargi.

La tv est un média de masse, axé sur le sensationnalisme et aussi un média de pouvoir : Il offre la possibilité de parler au plus grand nombre. La tv n'est pas l'instrument idéal pour traiter la complexité d'un sujet. Il semble que ce soit le seul média qui puisse faire changer les mentalités.  

A la TV, Maintenant on essaye de montrer la fameuse complexité. Montrer la complexité en télé n'est pas évident. Les rédactions de gauche ont tendance a sombrer parfois dans le politiquement correct.
Comment à la fois tenir compte du fait que la télé est un média de masse et vouloir montrer une réalité ?
Les priorités télévisuelles sont l'image et le montage.

Le documentaire répond à un besoin de temps. Il lui faut la possibilité de restituer l'espace-temps.
Le paradoxe de la tv : les formes nobles que sont le documentaire et le magazine sont souvent reléguées à des heures tardives…

La télévision par satellite : (A propos du média communautaire)  
(Dans les années 90, paraboles ont suscité des craintes dans les milieux les plus conservateurs vis à vis du terrorisme islamiste : le thème de l'insécurité est alors né dans le paysage politique français.)

D’après A. Boubeker in "Les Paraboles de l'immigration" :
Loin du cliché ethnique, en rupture avec l'enclavement territorial, les paraboles de l'immigration participent en fait à l'internationalisation de la diffusion médiatique et à des logiques nomades. Elles permettent à chacun de construire son identité dans un rapport dynamique à la société d'origine et à la société d'accueil. Brouillant les rapports du public et du privé, elles participent à la recomposition de l'espace public.
Les techniques de l'image qui façonnent désormais les représentations du monde autorisent l'individu à se déconnecter de son environnement social, à se libérer des liens qui jadis conditionnaient sa culture, son identité forgée dans un réseau limité de relations.
Dans un contexte marqué par la stigmatisation de l'image publique des banlieues, la multiplication des antennes paraboliques – tv par satellites – marque en effet la participation des habitants de ces enclaves urbaines à une internationalisation de la diffusion médiatique…Cela est à mettre en relation avec les évolutions de la culture de masse, les métamorphoses de l'espace public et nécessite d’interroger la notion de repli communautaire.
Comment, avec l'aide d'une médiation technique, les gens des quartiers parviennent-ils à véhiculer des représentations collectives et à maîtriser leur environnement ?
La tv reste un objet non pensé, entre passions, politiques et modes…. Comment penser la télévision autrement que fragmentée dans une société elle-même fragmentée, dans un contexte de mondialisation de l'économie et de la communication ?
L'étude du phénomène parabole permet néanmoins de dépasser le clivage entre télé en tant qu’échangeur d'idées et tv qui « rend fou ». L'information visuelle ne tue pas "le verbal" ; bien au contraire elle peut ressusciter une parole fossilisée dans la mémoire des groupes, susciter le miracle d'une rencontre et participer d'une politique de l'identité"
La banlieue croule sous le poids des stéréotypes…Or, la parabole est un outil éducatif dans le sens où elle permet de déposer les armes, de prendre de la distance avec la langue française pour mieux la retrouver.
Si aucune valorisation symbolique des cultures de l'immigration ne fleurit dans le paf (paysage audiovisuel français), le phénomène parabole, plus que le symptôme de besoins insatisfaits, apparaît comme le redéploiement de processus culturels jusqu'alors sans référents dans le PAF. Les gens de la banlieue échappent ainsi au face à face avec leur image publique et accèdent à d'autres réseaux de production de la culture.
Est générée une confrontation entre patrimoine et actualité qui incite à revisiter la mémoire, à réviser des traditions figées dans des parcours de l'immigration et à dépasser une version de la culture de l'immigré qui se limiterait au folklore ou aux reliques d'un corps social perdu.
Les paraboles échappent aux schémas officiels de l'intégration et l’action publique ne les prend pas en compte. C'est ainsi que dans un contexte d'internationalisation des médias, la tv est accusée d'être l'instrument d'un "melting-pot élémentaire" menaçant l'exception française, les traditions culturelles, mais aussi les cultures locales, les cultures des quartiers.
Quant au phénomène urbain que constitue "la parabole", il reste évalué tout au plus comme un processus de ghettoïsation qui entrave l'intégration.

La parabole s'inscrit souvent dans une expérience immigrée de l'itinérance entre la France et le Maghreb.

La reconquête d'une mémoire ou la construction de nouvelles références culturelles, c'est l'enjeu d'une médiation technique de la parabole. Cela pour faire valoir une reconnaissance autant publique qu'intracommunautaire des pratiques culturelles.

Internet  : L'accès aux grands sites culturels comme celui du Louvre, ainsi qu'aux groupes de discussion, constitue les "vitrines" d'Internet. Ces nouveaux médias interactifs véhiculent des idées sur la diffusion universelle du savoir, l'abolition des barrières de communication. La démocratisation est l'utopie sociale positive qui accompagne le multimédia. Une autre image, négative celle-là lui est associée : celle du risque de repli sur soi, d'isolement, de rupture des liens avec l'entourage. L'image va remplacer l'écrit et l'écran informatique la lettre et le livre. Les self-média vont se substituer aux mass média, chacun va pouvoir s'exprimer sans passer par les médiateurs officiels.  

Il y a une idéologie naïve du progrès accompagnant le développement d'Internet

Les racistes et les négationnistes se sont engouffrés dans la brèche, profitant de l'ouverture d'un nouvel espace de communication et de liberté qu'est internet.

Internet a aussi ceci de particulier de promouvoir, pour qui s’y intéresse, la diffusion de sites tels celui de la Cnhi (Cité nationale de l’histoire de l’immigration, de la mmsh (Maison Méditerranéenne des sciences de l’homme…

Les autres médias : l’affichage, le courrier publicitaire, les tracts, le livre

A qui ?

Nous – qui sommes tout à la fois auditeurs téléspectateurs, lecteurs…
Dans la société actuelle, les medias sont de plus en plus présents dans la vie quotidienne. Depuis presque un siècle, la radio, puis la télévision, et enfin aujourd’hui Internet, sont venus s’ajouter à la presse écrite qui date de plus longtemps encore.
L’une des fonctions de l’information, c’est l’éducation. La richesse des faits alimente la connaissance, la pertinence des analyses guide la réflexion, la diversité des commentaires permet son approfondissement. Aujourd’hui plus qu’hier, les moyens d’information ont un impact sur les esprits, jeunes ou adultes. Ont-ils pour autant un rôle éducatif ? Renforcent-ils la capacité de jugement des individus ou concourent-ils à les brouiller voire à les manipuler ?
Savoir maîtriser les moyens d’information, avoir une attitude critique à leur égard, c’est à coup sûr se donner la possibilité d’être mieux informé et d’en tirer le plus grand parti possible. Un lecteur qui sait analyser un article, comparer diverses sources, sera plus exigeant.


Lecture de la presse ; Par rapport aux autres pays occidentaux, les Français lisent peu la presse quotidienne mais sont grands consommateurs de magazines.

La Radio Pratiquement tous les foyers sont équipés et 70% des français l'écoutent.

Les téléspectateurs  : Cette "activité" peut être principale ou secondaire. 50% des gens déclarent faire autre chose en regardant la télévision. ..

Le public n'est pas un récepteur passif parce qu'il a la capacité de choisir ses journaux ensuite parce qu'il exerce collectivement une pression sur les médias (audimat et chiffres de vente des journaux), enfin parce qu'il sait filtrer l'information.

Un reportage n'a pas toujours le sens que le journaliste voudrait qu'il ait. C’est le danger de la réinterprétation.

Ce qui nous a semblé intéressant, c'est de comprendre le processus qui a conduit l'électeur à voter pour le Front National. En fait n’y a t-il pas là simplement un désir de reconnaissance sociale ?

On s’est également interrogé sur la représentation et la conception de la tv par les citoyens.

Il ne faut pas non plus négliger l'influence des spectateurs dans la programmation des chaînes de tv.

La presse spécialisée ne sera jamais lue par le grand public. Il faut créer des outils pour conscientiser. Il existe de bonnes revues sur l’immigration mais elles sont peu connues, peu diffusées. Par exemple, « Ecarts d’Identité ».

Avec quels effets ?

Le problème en France est que l’histoire de l’immigration n’existait pas dans notre pays jusqu’à il y a une dizaine d’années environ.
Les médias ont-ils un rôle pédagogique ou seulement informatif ?

Les médias influencent la culture, la façonnent pour donner lieu à une nouvelle forme de culture : la culture médiatique. Toutefois, l'influence des médias est variable et difficile à mesurer.

L'étude de l'effet des médias a connu trois grandes périodes :
1930 : études américaines pensaient l'impact des médias en termes de relation de cause à effet sur le modèle de la "seringue hypodermique" : Les médias ont une influence qui est proportionnelle à leur force de pénétration.
1940-1960 : Les travaux menés aux Etats-Unis sous l'impulsion notamment de P. Lazarsfeld et E. Katz ont fortement relativisé l'impact supposé des médias. Les enquêtes sur l'influence des campagnes électorales montraient que le public savait filtrer l'information et que l'impact des médias était toujours limité.
1970 : A partir des années 70, des modèles plus complexes ont émergé. L'impact sur le public varie selon les publics considérés, la nature des émissions (campagne électorale, publicité, le type de média, le mode d'influence (socialisation des individus, incitation à l'achat, transmission de connaissances…)

Le rôle du csa est également à envisager.

Mais aussi :
En 1989, la députée socialiste Ségolène Royal a explicitement dénoncé la mauvaise influence de la télévision sur les enfants dans un ouvrage intitulé "Le ras-le-bol des bébés-zappeurs"
1990 : Des drames ont lieu du fait de l’identification à des héros tels que Mac Gyver.
Cela alors qu'aux Etats-Unis et au Canada, sont mis en place des dispositifs anti-violence et un contrôle des programmes.
Christine boutin en 1994 = rapport parlementaire sur Enfant et télévision
Csa en 1989 : directive relative à « la protection de l'enfance et de l'adolescence"

A propos des média et de l’immigration, ce qui est dramatique, dans la télévision d'aujourd'hui, ce n'est pas tellement que la télévision porte un regard sur une situation, c'est surtout qu'elle n'a qu'un seul regard, qu'elle réduit le sens d'une situation et qu'elle crée des stéréotypes ou des clichés en moins de trente secondes, alors que tous ceux qui travaillent dans les villes et les quartiers savent que tout est très complexe. Les discours simplificateurs sont ravageurs et compliquent encore davantage les problèmes des populations en difficulté.

L’immigration, les médias régionaux et la vision maghrébine. Quelques questions soulevées et premiers éléments de réponse.
Comment les immigrés se perçoivent-ils ? Comment l'immigré perçoit-il la réaction occidentale à l'apport économique des migrants au sein de la société française ?

L'autre n'est-il pas à la fois une condition absolument nécessaire et un dérangement permanent à la réalisation de soi-même ?

Les Maghrébins ont-ils peur des journalistes ?

En ce qui concerne les expressions comme "beurs" ou "franco-algériens". Ne reflètent-elles pas une perception confuse de l'immigré et un manque de rigueur professionnelle de ceux qui les produisent ou les reprennent.

Ce que veulent les immigrés :
Elaborer un travail de discussion et de sensibilisation qui semble s'imposer de plus en plus ; mettre en évidence les préoccupations de la jeunesse, montrer les habitants …débattre sereinement.
Que va t-on retenir comme relevant du qualificatif d'immigré ?
Il n'existe pas de rubrique consacrée explicitement à l'immigration en France.
Les nord-africains sont des gens sociables et ayant baignés dans une culture méditerranéenne. Fausse est l'idée souvent véhiculée par l'opinion publique, qu'ils ont peur des journalistes. Simplement, ils ont appris à s'en méfier et à demeurer prudents dans leurs propos.

Les jeunes des banlieues ont à la fois un rejet et une fascination par rapport aux médias. Dès qu'ils voient arriver la caméra, c'est cette image fabriquée par les journalistes qu'ils renvoient. Ils savent ce que ces journalistes sont venus chercher, et ils se comportent comme des acteurs. Si le journaliste ne prend pas le temps, on est dans une logique sensationnaliste. C'est ce qu'on appelle "l'assignation à être"

Depuis plus de vingt ans, particulièrement exposée au chômage, mal intégrée socialement, confrontée – souvent à tort – aux événements sanglants liés à la montée de l'intégrisme et au fanatisme islamiste en Orient et en Occident, en proie à une identification culturelle permanente mais également à la misère et à l'intolérance de quelques formations politiques fascisantes, cette population vit mal sa marginalisation médiatique, alors que les médias pourraient faciliter, voire réaliser, son intégration en France.
Une des origines de nombreux problèmes dans les cités, c'est justement l'absence de mémoire, de transmission…La mémoire est souvent le chaînon manquant, dévastateur. Cela interroge le rôle du journaliste. La question pour les journalistes, c'est comment réinscrire les choses dans une histoire, avec toutes les contraintes du travail quotidien ?
Les raisons de la présence d'immigrés en France sont soit politiques, économiques ou sociales, soit ethniques ou religieuses. Très rares sont ceux qui ont eu une inculpation judiciaire pour des faits de droit commun (vols, crimes ou escroqueries) dans leurs pays d'origine. Il leur est insupportable d'être pris comme boucs émissaires par les médias, notamment lors d'actes délictueux dans certains quartiers chauds.

A propos de l’absence de rubriques sur les immigrés, certains médias disent que c'est pour ne pas aggraver une situation déjà complexe.
L’absence de reportages équivaut à perpétuer une vision des fêtes des immigrées comme des coutumes musulmanes, voire des rites religieux d'un autre âge.  La distinction entre culture et tradition arabe d'une part et comportement festif socio-religieux d'autre part demeure donc floue dans l'esprit des Français de  culture moyenne. Avec ce type d'amalgames véhiculés à travers les médias, les réactions négatives à l'encontre des immigrés arabes ne peuvent alors que s'intensifier lors d'un événement important les concernant. Pour les immigrés, la méfiance vis à vis des médias est due au fait qu'ils sont toujours la cible ou les boucs émissaires des drames sociaux ou des faits divers sanglants.

Par lui-même, le foulard n'exprime rien. Or les médias ont réagi d'une manière diffamatoire à l'égard de l'Islam en général. Rien n'a été préparé sérieusement afin de faire mieux comprendre aux français cette mode du foulard dans les établissements scolaires publics. Résultat : une très mauvaise image des musulmans et de leur tolérance vis-à-vis des autres religions, une intransigeance et un endoctrinement des jeunes filles.
Force est de constater que l'interprétation du phénomène du voile en France n'a rien à voir avec une information médiatique objective et sérieuse sur la signification du port du foulard pour les musulmans. Aucune citation du coran et insignifiance des témoignages.
Existe une confusion dans les médias entre la laïcité et le politico-religieux concernant l'islam.
Ce qui dérange donc, c'est l'affirmation d'une identité à la fois religieuse et politique. Il y a une confusion du pouvoir masculin, du pouvoir politique et du pouvoir religieux.
Les immigrés ont souvent les mauvais rôles et rarement la parole
Par rapport aux faits divers, ils sont souvent les héros malheureux d'événements sociaux ou politiques et souvent présumés coupables.

Certains journalistes, pour s'en défendre, brandissent l'argument du pourcentage  élevé de délinquants dans ces populations.
L’acharnement médiatique est assorti d’une dramatisation à outrance, une sorte de méthode Coué à leur encontre.
Dans la plupart des articles les concernant, les propos rapportés sont ceux des non-immigrés. Les sources institutionnelles sont alors dominantes. L’information est déjà synthétisée.
Certains journalistes disent qu'ils ne savent pas communiquer.
Le problème est que les immigrés ne disposent pas de porteurs de parole représentatifs.
Dans le même temps, on peut se perdre dans la nébuleuse des associations.

On mêle parfois sans discernement le terrorisme intégriste en Algérie à la petite délinquance en France et aux affaires de voiles islamiques dans les écoles laïques.

Comment les médias pourraient avoir une influence positive sur les relations interculturelles ?

Si les médias nous influencent politiquement, cela signifie qu’ils agissent sur nos dispositions psychiques, notre volonté, notre comportement de citoyen. Cela peut donc jouer sur notre attitude, c'est-à-dire notre prédisposition à évaluer d’une certaine façon un candidat (adhésion à ses idées, à sa personnalité), qui porte à agir de telle ou telle manière (l’intention de vote). Notre attitude comprend trois composantes : cognitive (ensemble des connaissances, des croyances et des associations entretenues à propos d’un candidat, qui constituent l’image que l’électeur a de ce candidat), affective (évaluation de l’image ainsi formée, résumé des sentiments positifs et négatifs éprouvés à son égard) et conative (intention de vote). Notre comportement politique, en revanche, est notre manière d’être ou d’agir, de nous impliquer dans la vie politique et à terme, de voter. Nous sommes alors en droit de nous poser la question :
Dans quelles mesures les médias peuvent-ils influencer l’attitude et le comportement des électeurs à l’égard des candidats ?

Pistes de remédiation  :

Un travail de formation et d'information  
Par l'amalgame, on continue d'alimenter les fantasmes d'un lectorat pas toujours averti, de l’Islam notamment
On note une absence de pistes concrètes pour un travail de formation et d'information des journalistes spécialisés sur l'Islam et le monde arabe.

La conquête du lectorat immigré ou issu de est un des enjeux de l'information de proximité dans les années à venir.

Il faudrait instaurer un droit de réponse. Car les gens ne peuvent rien faire contre l'image qui est faite d'eux et qui les stigmatise.

Promouvoir la participation des minorités ethniques dans les médias
On essaye d'encourager les immigrés à solliciter les médias pour qu'ils n'aient pas peur d'être rejetés.


Sport – médias – immigration
Entre valorisation et stigmatisation.
 

Comment les médias peuvent présenter de façon plus complète et plus équilibrée les questions de nature raciale, ethnique ou religieuse tout en respectant la liberté d'expression et l'indépendance rédactionnelle ?  

 - Certains journalistes ont le souhait d'étudier (davantage) la diversité culturelle et religieuse dans le cadre de leur formation.
- assurer une meilleure représentation des minorités dans les salles de presse grâce à des formations et à un recrutement ciblés
- Faire de la formation en compréhension interculturelle une composante standard des études de journalisme
- Etablir une mise en réseau et un partage d'informations et de bonnes pratiques entre les médias de différentes régions (programmes de jumelage et d'échange, formations, forums et contacts réguliers )
- Instaurer plus de dialogue entre les groupes ethniques, religieux et culturels et les médias afin d'améliorer la qualité des reportages, d'informer complètement les acteurs sur les sensibilités dans les relations interculturelles, et d'éviter les stéréotypes négatifs et le langage incitant à la haine.
- Améliorer l'autorégulation et multiplier les initiatives propres aux médias afin de promouvoir des normes éthiques et professionnelles en matière de reportage.
- Mettre davantage l'accent sur une couverture médiatique complète, présentant l'expression de voix minoritaires et soulignant des initiatives interculturelles positives et des exemples de bonnes pratiques.
- Créer un forum permettant aux propriétaires des médias de débattre du racisme, de la xénophobie et des questions connexes ainsi que de l'impact de la couverture médiatique sur les relations interculturelles.

-  Besoin d'un médiateur pour aller faire reportage dans un quartier en général ? Faudrait une démarche ethnologique au quotidien !

- Luc Hossepied : Des caméras ont fait des ravages dans certains quartiers. Les jeunes ont compris que plus on gueulait fort, plus on écoutait leurs propos…Il faut savoir rendre la caméra discrète pour voir qui a le discours le plus cohérent et puis la sortir au moment de l'interview.

- Pouvons-nous travailler avec les médias et les encourager à étudier les possibilités d'améliorer les normes relatives au reportage et à la rédaction, et de mettre en œuvre leurs propres codes de conduite ?

    

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