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BIBLIOGRAPHIE 

  • Contes et Legendes des provinces Françaises - La Corse - /J.B Ortoli. - Le Grand Livre du  mois -1996.
  • Contes et légendes de Corse/ Ch Quinel et A. de Montgon - Nathan – 1963.
  • Contes populaires et légendes de Corse / Claude Seignolle - Presses de la Renaissance - 1979. 
  • Contes et nouvelles corses  / CILF / EDICEF -1986.
  • Guide de la corse mystérieuse / Gaston d’Angélis et Don Giorgi -Tchou – 1976.
  • Récits et contes populaires de la corse 1 (Cap Corse)/ Marie-France Orsoni-Marzoppi  - Gallimard -1978












BIBLIOTHÈQUE NUMERIQUE

  • Anonyme 
La Paghjelle Chant polyphonique traditionnel corse. (Lire)

  • Mathé. Giacomo
Les voix de la cendrillon corse. in: "Faits et langues" 1999 vol.7 N°13 (Lire)

  • Ortoli Fréderick
Les contes populaires de l'île de Corse (1883)  (Lire)



La Littérature orale Corse

A cent quatre-vingts kilomètres des côtes de Provence, au milieu de cet admirable lac de la Méditerranée, le voyageur trouve une grande île française, célèbre à plus d'un titre dans l'histoire. C'est l'antique Kirnos des Grecs, la Corsica des Romains, la Corses de nos jours.
Tour à tour dominé par les Cartaginois, les Romains, les Sarrasins, les Génois, et les Français, elle a néanmoins gardé un cachet particulier que l'on retrouve à chaque pas dans les moeurs, les coutumes, les usages aussi bien que dans le costume de ses habitants.
Les longues luttes  que l'île eu à soutenir contre ses ennemis n'ont pas permis aux indigènes d'aller en assez grand nombre étudier aux savantes Universités du continent italien. Quoique avides d'instruction, les Corses lui préféraient encore la liberté; de là l'ignorance relative dans laquelle se conservèrent ou se formèrent les légendes fantastiques, les contes merveilleux, les croyances aux fées, aux saints et au diable, qui eurent toujours grand cours parmi ce fier petit peuple.
Les hautes montagnes, les gorges profondes, et sauvages, les ténébreuses forêts entretinrent aussi une foule de superstitions, profondément enracinées encore aujourd'hui, dans l'esprit de toute une classe de la population.
Sans doute, de nos jours, on rencontre dans les villes toutes les recherches de la civilisation; sans doutes aussi l'instruction est beaucoup plus développée, mais combien d'homme, dans les montagnes, portent encore le bonnet pointu et pa capote de frési; combien de famille font cuire leur pain six mois à l'avance et habitent, comme au temps des Sarrasins, tantôt la plaine et tantôt la montagne!
Dans de telles conditions, on devrait s'attendre à ce que la Corse ait fournit le thème de nombreuses recherches de la part des hommes d'études. Il n'en est pourtant pas ainsi. Les moeurs des  habitants ont été analysés par des écrivains qui, comme Prosper Mérimée, ont su s'en servir avec grand talent pour la conception d'oeuvre souvent admirables; mais, jusqu'à présent, sauf quelques rares exceptions, la littérature populaire n'avait pas fait l'objet d'un travail spécial. Nous devons en excepter, toutefois, les travaux du regretté docteur Mattei, qui, il y a une quinzaine d'années, recueillait tout un volume de proverbes, et ceux de Grimaldi, Viale et Fée, qui nous ont donné quelques uns de ces beaux voceri particuliers à l'île et rappelant, par bien des traits, ces lamentations dont les anciens accompagnaient les funérailles de leurs morts.
Les contes et les légendes ont été complètement oubliés. Et pourtant, quelle ample moisson à récolter dans cette branche de la littérature orale! Il n'est presque personne parmi les gens de la montagne ou de la plaine, qui n'ait à raconter des histoires de fées, de géants, de saints ou de diable, qui n'en puisse rapporter une foule ayant trait aux guerres que l'île eut à soutenir contre les envahisseurs, Sarrasins ou Génois : car le souvenir de ces luttes s'est conservé tout à fait vivace dans la mémoire du peuple et est encore soigneusement entretenue dans les longue veillées d'automne et d'hiver.
Les vendanges terminées, les nuits, plus fraîches, ne permettent plus aux jeunes gens d'aller dormir sous les arbres touffus de la forêt voisine.
La coutume est alors, comme en beaucoup d'autres pays du continent, de se réunir dans une maison spacieuse pour y faire la veille.
Pendant que les châtaignes rôtissent dans la vaste cheminée où se consume un tronc d'arbre, le vin de l'hôte circule à pleines cruches, les jeunes gens babillent ou pincent les demoiselles et les hommes faits causent de chasse ou de pêche, de l'évènement du jour, de la dernière vendetta ou de la grandeur d'âme de quelques bandits célèbres. Antonu Santa Lucia, Galeazzinu ou tut autre.
Bientôt la conversation s'anime grâce à la chaleur et au bon vieux vin de la côte; le bruit augmente et il est difficile de s'entendre.

Extrait de l'avant propos original figurant dans l'édition de 1883 de Contes et légendes des provinces de France : La Corse  par J.B Ortoli.



           Quelques  contes 

La dédaigneuse corrigée.


                 Il était une fois un roi qui avait une fille unique. Cette princesse, d'une beauté sans pareille, était tellement orgueilleuse et fière que le peuple la détestait et son entourage la supportait par respect pour le roi; la princesse n'était jamais satisfaite, rien n'était assez beau ou bien pour bien pour elle, le roi en était justement alarmé; mais que faire contre sa fille qu'il adorait?
Quand elle fut en âge de se marier, le roi lui dit que plusieurs princes venaient solliciter l'honneur de sa main. La princesse répondit qu'elle ne se marierait qu'avec un prince parfait et sans aucun défaut physique. Le roi envoya une lettre dans toutes les cours, conviant les princes à la conquête de sa fille. Tous se rendirent à l'invitation du roi, mais aucun ne fut agréé; elle leur trouva à chacun un défaut qu'elle leur reprocha en face. Quand ils furent partis le père désespérait de la voir jamais de marier.

Un jour on annonça l'arrivée du dernier invité. Ce prétendant était aussi beau que la princesse était belle. Quand elle le vit son coeur tressaillit, mais elle ne voulut pas déroger de son caractère arrogant, elle dit :

- Père, celui-ci, je 'aurais peut-être accepté s'il n'avait pas un fil tordu dans sa barbe"

Le père lui répondit :

- Quand vous serez mariés, tu le lui tireras en riant

Mais le prince qui était très galant vint s'agenouiller devant elle en la priant de débarrasser sa barbe de ce vilain fil tordu qui ne lui plaisait pas; alors elle en prit un au hasard et le mariage se fit.

Ils partirent immédiatement après avoir convenu que le père viendrait assister à la cérémonie religieuse; le jeune prince eut avec le roi un petit entretien particulier lui désignant l'époque du mariage et ils partirent.

      Quand ils arrivèrent dans leur pays, le soir même on endormit la princesse et on la porta dans une cabane de bergers; là on lui enleva tout ce qu'elle portait, on lui passa une chemise de grosse toile et l'on déposa près de la maigre couchette des habits de bergère. Le lendemain, quand elle ouvrit les yeux et qu'elle se vit dans cette cabane pleine de brebis, de chiens, avec trois vieillards à vénérables barbe blanche, elle poussa un cri d'épouvante et demanda où elle était. Le plus jeune des vieillards lui dit :

- Tu es chez toi, ma fille, est-ce que tu ne connais plus ta demeure et tes parents, ou bien es-tu malade ce matin pour agir comme tu le fais?

Mais elle s'écria :

- Je ne suis pas chez moi ici, au milieu des bêtes et de vieillards

Les trois hommes se mirent à rire de bon coeur et un peu bruyamment, puis l'un d'eux dit aux autres :

- Elle a rêvé, la petite

Le plus vieux dit :

- Fille et femme de roi en voilà un drôle de rêve! Allons fille, lève toi, tu vois bien que les bêtes nous attendent, elles veulent partir aux champs.

Elle se mit à pleurer à chaudes larmes, elle qui ne savait pas pleurer; elle se leva et quand elle vit les habits qu'elle avait sur elle, son coeur se serra. L'un des vieux dit :

- Père, partez avec votre petite-fille, l'oncle et moi nous vous rejoindrons.

On donna le panier aux provisions à la bergère, ces provisions étaient bien modestes, du pain bis et un peu de fromage.
La malheureuse se résigna, elle obéissait docilement aux ordres des parents (père, grand-père et grand-oncle). A midi, ils dirent :

- Allons, petite, sers-nous le déjeuner.

Elle prit le panier et présenta le pain et le fromage, mais elle n'y toucha pas; les hommes, après le déjeuner, se mirent à tresser des paniers à fromage et ils dirent :

- Fille, prends les joncs et tresse aussi avec nous.

Elle dit qu'elle ne savait pas, mais le grand père lui montra et enfin, au bout de quelques jours, elle croyait réellement qu'elle avait rêvé. Alors, elle s'attacha à ses bêtes, et celles qu'elle aimait le mieux elle leur donna de noms de fleurs, Rose-Blanche, Marguerite, Pâquerette, etc., si bien que le matin, sans même ouvrir les yeux, elle les appelait et toutes elles accouraient pour recevoir des caresses de leur bergère.

       Au bout de trois mois, on l'endormit de nouveau et on la ramena au palais. Le matin, elle commença l'appel des bêtes! Le mari était là attendant son réveil, il lui dit :

- Madame, vos femmes de chambre s'appellent! Marie, Gabrielle, Louise, Lucie.

Alors elle ouvrit les yeux, il faisait noir dans la chambre, elle dit :

- Moi, je suis qu'une simple bergère dans mon humble cabane.

Le prince ouvrit les rideaux et se précipitant auprès d'elle lui dit :

- Seriez vous malade? Est-ce le voyage qui vous a fatiguée ou bien avez vous rêvé?

Au même instant la porte s'ouvre et les trois misérables vieillards font leur entrée solennelle; ils viennent s'incliner devant la princesse, elle crie :

- Mon père, grand-papa et mon oncle!
- Etant ceux de votre auguste époux, nous sommes les vôtres.

Son père entre aussitôt, il embrasse sa fille qu'il ne reconnaît plus du tout.
La pauvre princesse pleurait abondamment, ses larmes étaient toutes de reconnaissance et de bonheur; le mariage fut célébré très modestement, et par son ordre. Elle fut une reine modèle, et souvent elle parlait de Rose, de Pâquerette, de Marguerite, avec plaisir, et regret de ne les avoir près d'elle.

Julie Filippi. In : Revue Tradition populaire 1907 n°8 













  

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